Maternage

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jeudi, mars 11 2010

Pères égoïstes!

Si il y a bien une excuse que je trouve insupportable pour "justifier" de ne pas choisir d'allaiter, c'est celle de l'égalité des sexes. Soit-disant que le père et la mère devraient être égaux quant à alimenter le bébé qu'ils ont fait ensemble.

Je trouve ça stupide et égoïste.

Égoïste, pour toutes les raisons de la supériorité de l'allaitement par rapport au lait artificiel. Ou devrais-je dire, pour tous les risques encourus avec le lait artificiel (voir article précédent). Parce qu'un bébé préfère téter le lait de sa mère plutôt que boire le lait d'une vache inconnue dans un biberon en plastique, et qu'en niant ça et en ne pensant qu'à son propre plaisir à donner à manger au bébé, on donne vraiment une belle preuve d'égoïsme. Le plaisir du père importe plus que le plaisir du bébé.

Certains disent que c'est pour que la mère puisse se reposer, ou être libre. Là encore, c'est égoïste, la santé et le plaisir du bébé passe derrière la mère. Pourtant, c'est bien les parents qui ont fait l'enfant, il n'a pas demandé à venir tout seul, à ce que je sache, donc, il n'a pas à assumer leurs responsabilités à leur place!

Il y en a qui s'imaginent que si la mère allaite, le père n'a rien d'autre à faire que de changer les couches. C'est faux. Le père peut donner le bain (voir le co-bain), endormir son bébé (souvent les hommes sont champions dans l'hypnose des bébés :)), faire des massages, porter en écharpe (ça attendrit tout le monde! Et les pères sont fiers d'être regardés avec envie, même si ils peuvent avoir des réticences au départ, une fois qu'ils verront tous les sourires dans la rue, ils ne pourront plus s'arrêter!). Bref, il y a un tas de choses agréables à faire. Et puis, avec les mois qui passent, le père va pouvoir devenir le super complice de jeu avec son bébé devenant petit à petit un enfant qui grandit et s'éveille. Un enfant a besoin de l'équilibre entre la douceur maternelle et la rigolade paternelle, il a besoin de cette polarité, il a besoin de 2 parents différents et non pas de 2 parents interchangeables. C'est inscrit dans nos gênes, sinon, les hommes pourraient aussi enfanter, accoucher, et allaiter avec facilité. Laissons donc la nature guider nos pas sans se prendre la tête avec des questions existentielles de mixité, parité, égalité, politique & co...

Et puis, comme j'ai lu récemment, si le père tient tant que ça à montrer son implication dans l'alimentation de son enfant, il aura toute l'occasion de le prouver pendant au moins 18 ans en préparant les repas de sa famille! :D

Pour finir, je ne peux pas m'empêcher de rappeler que, dans les cas où la mère tire son lait, la papa peut bien évidemment donner le biberon (ou la tasse, ou la soft cup, ou je ne sais quoi...) à son bébé, sans que ça nécessite de sevrage ni d'alimentation mixte LM/LA! Ma fille a 15 mois, et tous les jours où je travaille, son père lui donne mon lait au biberon... Donc, non, l'allaitement n'empêche pas nécessairement le père de donner à manger à son bébé, et oui si vraiment elle le veut, la mère peut passer le relais. Et au pire, quand bien même la mère ne tire pas son lait (parce qu'elle n'y arrive pas ou ne le souhaite pas), et bien une alimentation mixte sera toujours meilleure qu'un non-allaitement complet!

mardi, mars 9 2010

Les dangers du lait artificiel

On parle souvent de l'allaitement en terme d'avantages.

Hors, puisque l'allaitement est la norme humaine, nous devrions plutôt parler des inconvénients, et je dirais même des dangers, de donner du lait artificiel aux bébés.

Le lait artificiel:

- augmente le risque d'allergies

- augmente le risque de diarrhées aiguës

- augmente le risque d'otite

- augmente le risque de mort subite du nourrisson

- augmente le risque de mauvaise digestion

- augmente le risque de mauvaise dentition

- augmente le risque de cancer du sein et des ovaires pour la mère

- augmente le risque d'obésité

- augmente le risque de cancers

- augmente le risque d'infections bactériennes

- augmente le risque d'infections virales

- augmente le risque de mortalité d'origine infectieuse

- augmente le risque d'infections respiratoires et leur gravité

- augmente le risque d'hospitalisation

- augmente le risque de déshydratation

- augmente le risque d'asthme

- augmente le risque vasculaire

- augmente le risque de diabète

- augmente le risque d'infection post-partum pour la mère

- induit une croissance anormale les premières années

- rallonge le temps de remise en forme des organes de la mère suite à l'accouchement

- diminue le coefficient intellectuel

Il fallait que ce soit dit pour remettre les choses à leur place. L'allaitement est la norme, tout comme la grossesse in-utero (une couveuse, ça arrive à remplacer un utérus, mais ça n'a rien à voir quand même!).

J'avais envie de l'écrire, parce que j'en ai un peu (beaucoup) marre de voir les mères ayant CHOISI le biberon nous dire que "ohhh on les culpabilise", et qu'on devrait s'excuser et leur dire "mais non, ça n'importe pas, c'est la même chose, ce qui compte c'est l'amour que tu donnes à ton bébé".

Eh bien non, celles qui choisissent volontairement de ne pas allaiter, elles ont bien raison de culpabiliser, et ce n'est pas moi qui vais leur dire le contraire. J'ai même bien envie d'enfoncer le clou! Assumez, et ne vous plaignez pas qu'on vous culpabilise! Et si vous ne culpabilisiez pas, j'espère au fond de moi que maintenant, vous allez culpabiliser!

Par contre, pour les mères qui souhaitaient allaiter mais n'ont pas réussi, par manque de soutien et d'information, par peur d'échec, alors là, ne culpabilisez pas! Soyez en colère contre le système médical qui ne vous a pas aidé, soyez fâchée contre le manque de connaissance, mais surtout, ne culpabilisez pas. J'ai de la peine pour ces mamans-là. Et c'est pour elles que je me bats!

(Les commentaires d'expériences personnelles contradictoires ne serviront à rien. Ce sont des statistiques, basées sur un grand nombre d'études, et non pas sur une famille, un village. Oui, il y a des bébés allaités qui sont toujours malades, et oui, il y a des bébés au LA qui sont en parfaite santé - heureusement! - mais ça ne change pas les données générales).

vendredi, février 12 2010

Contre Badinter

Doit-on choisir entre être une femme libre et être une bonne mère? Est-ce donc incompatible?

La liberté de choix, est-ce d'imposer les biberons, les couches jetables, et tout le lot de la mère "libérée" des années 1970 de Badinter?

Ne peut-on pas tout simplement avoir envie de materner? N'a-t-on pas le droit de se sentir femme, féminine, et féministe en allaitant? Qu'y a-t-il de plus féminin que l'allaitement?

Aimer materner empêche-t-il de s'épanouir dans les autres aspects de la féminité et du féminisme?

Materner est-il incompatible avec un carrière professionnelle réussie?

Faut-il prôner l'égalité des biberons de lait artificiel et de l'allaitement maternel, bien que ce soit un énorme mensonge, sous prétexte de déculpabiliser celles qui font le choix de ne pas allaiter?

Aider les mères allaitantes à mener à bien leur souhait, leur projet, signifie-t-il que l'on oblige, qu'on force, qu'on donne des ordres, qu'on empêche le libre arbitre?

Est-il normal, à l'heure où l'on peut choisir de ne pas avoir d'enfants grâce à la contraception, de faire le choix d'enfanter tout en refusant d'assumer sa maternité?

Est-ce qu'une femme qui n'a pas ressenti d'instinct maternel doit en tirer des conclusions universelles et proclamer que cela n'existe pas, alors même que des millions de femmes vivent et sentent cet instinct maternel?

Est-il juste que l'on qualifie de philosophe une femme qui est en réalité la principale actionnaire d'un grand groupe publicitaire*? Et qui, par ses idées, vante avant tout les produits** qui lui font gagner sa vie, plutôt que de s'intéresser au réel bien-être des mères, des pères, et des enfants? Est-ce même légal? N'y a-t-il pas là un vrai conflit d'intérêts?

Le féminisme est-il un courant extrémiste où la femme doit être l'égal de l'homme, au sens où les deux sont interchangeables? Et donc, faut-il en arriver à étudier de quelle façon un homme serait capable de vivre une grossesse au même titre que la femme?

En bref, le féminisme doit-il modifier la nature même de la Femme? Ne peut-on pas avoir des préoccupations (écologie, maternage) conciliables avec le statut de féministe?

Toutes ces questions auxquelles j'ai mes réponses, que vous devinez certainement, mais simplement pour réagir à la sortie du livre d'Elisabeth Badinter, "Le conflit, la femme et la mère" qui sort cette semaine, et pour lequel elle est actuellement interviewée par tous les médias. Des questions que je soulève pour signaler que je ne me retrouve aux antipodes de son idée du féminisme. Que si le féminisme, c'est ça, alors je n'adhère pas du tout. Et nous sommes nombreuses à ne pas se sentir concernées par son discours.

Je materne: j'allaite depuis plus de 14 mois, je n'achète pas de petits pots, je porte ma fille en écharpe, je dors avec ma fille, je lui mets des couches lavables ET JE TRAVAILLE, je n'ai pas pris de congé parental, je revendique l'égalité des droits hommes-femmes, je me sens féministe. J'aime les robes et les talons aiguilles. Faudrait-il aussi que j'y renonce pour être "égale à un homme"? N'ai-je pas le droit d'aimer, d'apprécier, de revendiquer mes particularités de femme? Ma maternité ne fait-elle pas partie intégrante de ma féminité? Je ne me suis jamais sentie aussi femme que lorsque j'avais mon beau ventre rond de grossesse...!

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mercredi, février 10 2010

Tirer son lait au travail

Je viens d'avoir une petite séquence émotion en lisant un article du blog de mamanana (http://blog.allaitement.mamanana.com). Elle parle de l'importance du soutien du mari dans cette aventure. Et évoque des situations que j'ai vécues: oublier le tire-lait (enfin, pour ma part, c'était une partie du tire-lait, mais c'est la même chose!), et devoir demander au mari-chéri de venir l'amener à son travail!

Je dois aussi reconnaître que j'ai la chance énorme de faire garder ma fille par ma mère, et qu'elle a toujours été en accord avec mon maternage: elle lui donne mon lait en écoutant tous mes conseils sur la conservation etc, et a même longtemps porté ma fille en écharpe quotidiennement (moins régulièrement maintenant, car elle n'arrive pas encore à porter au dos et la petite commence à être lourde quand on la porte devant!).

J'ai aussi la chance d'avoir un boulot "bon plan", avec tout ce qu'il faut: un vestiaire qui ferme à clef et où je peux ranger et brancher mon tire-lait (j'ai 2 vestiaires pour moi dans la pièce même), un fauteuil, une cantine où je peux faire ma petite vaisselle, un frigo où je peux conserver mon lait, des horaires et un métier qui me permettent de prendre des pauses qui me conviennent... Des chefs qui n'ont rien dit quand je leur en ai parlé à mon retour de congé maternité, des collègues qui ne m'ont jamais fait de réflexions (juste un collègue qui me fait mourir de rire à imiter le bruit du tire-lait car sa femme utilisait le même que moi)... Bref, j'ai un environnement idéal.

En tout cas, je suis vraiment contente de tirer mon lait au travail. Pourquoi?

D'abord, parce que psychologiquement, ça m'a beaucoup aidé à accepter le fait de laisser ma fille pour reprendre le travail. Ça ne remettait pas en doute mon allaitement. Ensuite, ça évitait d'avoir à donner du lait artificiel: pas besoin de chercher "le" lait qu'elle supporterait Enfin, pour les économies réalisées :) eh oui, ça coûte trop cher le lait artificiel, je trouve! Surtout quand on compare au lait maternel qui est gratuit!

Bref, si vous allaitez et que vous reprenez le travail (par choix ou devoir), essayez de tirer votre lait, dans la mesure où c'est possible. Trouvez des femmes ayant une expérience semblable à la vôtre pour trouver les trucs et astuces nécessaires pour que ça se déroule bien, et lancez vous!

mardi, janvier 26 2010

Pétition

Que les professionnels de santé étant amenés à être en contact avec des mères allaitantes soient formés et aient régulièrement des formation complémentaires sur l'allaitement afin de le promouvoir et d'être réellement à même d'aider les mères allaitantes.

Que les consultations avec les consultantes en lactation soient remboursées.

Que le congé maternité soit allongé afin de favoriser la poursuite de l'allaitement au moins pendant les 6 premiers mois où l'allaitement exclusif est recommandé.

Que tous les modes de gardes aient l'obligation d'accepter de stocker et de donner du lait maternel aux enfants gardés selon les demandes exprimées par les mères.

Que les mères puissent allaiter n'importe où y compris sur le lieu de garde de leurs enfants.

Que l'heure d'allaitement au travail soit respectée, obligatoirement proposée, systématiquement rémunérée, et non restreinte à une année. Que les entreprises mettent en place des conditions favorables (lieu correct, lavabo, frigo) à l'expression du lait maternel dès lors qu'une mère en ressent le besoin (et non en fonction du nombre de salariée).

Que l'interdiction relative aux publicités pour le lait artificiel soit étendue à tous les laits infantiles et non uniquement aux préparations pour nourrissons de moins de 6 mois.

Qu'une campagne de publicité pro-allaitement long soit mise en place (télévision, hôpitaux, salles d'attente...) par le Ministère de la Santé, soulignant l'importance de la poursuite de l'allaitement jusqu'au delà des 2 ans de l'enfant, conformément aux recommandations de l'OMS.

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