Maternage

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lundi, avril 4 2011

Il parait que je suis la mère parfaite.

Il parait.

Ce n'est pas moi qui le dit, c'est toutes celles qui pensent ne pas faire aussi bien, et qui me détestent parce que je leur renvoie une image trop parfaite.

Waouh. Je ne sais pas trop si ça me flatte l'égo ou si ça m'exaspère. Un peu des deux.

Mode d'emploi de la mère parfaite:

- allaite à la demande, jusqu'au sevrage naturel, et ne sois pas gênée d'allaiter en public

- mets des couches lavables, ou mieux encore, ne mets pas de couches du tout à ton bébé

- porte en écharpe et renonce aux plaisirs de la poussette 4x4

- n'utilise pas de lingettes, ne nettoie qu'avec du liniment, et mieux encore, fais-le toi-même

- n'achète pas de petits pots, fais-les toi-même, et ne prends que du bio

Bon, voilà quelques grandes lignes de ce que l'on nous REPROCHE. Ça dérange les autres, que l'on fasse tout ça, parce que visiblement ça donne une image de mère sacrifiée qui fait vraiment tout parfaitement pour son enfant.

Moi, pourtant, je me trouve pleins de défauts:

- j'ai repris le travail à temps plein aux 3 mois de ma fille (contre ma volonté, mais en même temps ça m'a fait du bien quand même par moment!)

- j'oublie totalement les visites dites "obligatoires" chez le médecin, je ne connais même pas la taille de ma fille et je ne sais son poids que parce que sa grand-mère la pèse chez elle!

- je la laisse se salir à volonté et je n'ai même pas honte de la sortir en pleine rue avec des vêtements tâchés et la bouche pleine de yaourts

- elle mange du chocolat presque autant que moi

- je suis souvent trop absorbée par l'ordinateur ou la télévision pour écouter correctement ce qu'elle me dit

- je ne l'emmène pratiquement jamais au parc parce que ça m'ennuie souvent, et surtout parce qu'il fait souvent trop froid pour que j'ai envie d'aller faire un tour

Euh, je vais arrêter là, sinon ma liste va devenir tellement grande que je vais me mettre à sérieusement culpabiliser! Et comme il ne faut pas tomber dans les extrêmes...

La moralité de l'histoire? Je ne suis pas l'absolue mère parfaite, je fais de mon mieux selon mes possibilités à moi, je suis par contre la mère parfaite pour ma fille, tout simplement parce que c'est moi, sa mère. Et toutes mes qualités de mère bio/écolo/maternante, c'est simplement des choses qui me tiennent à coeur, que je fais parce que ça me plait, parce que j'aime bien, et que je le vis bien.

La culpabilité, elle est en chacun de nous, elle ne vient pas de l'autre en face. Pour illustrer: le cododo.

Il y a ceux qui disent que c'est super mauvais pour les enfants, et ceux qui ne jurent que par ça. Il y a ceux qui cododotent alors qu'ils sont persuadés que c'est mauvais: du coup, ils culpabilisent parce qu'ils ne font pas ce qu'ils pensent être bon. Il y a ceux qui font chambre à part et culpabilisent parce qu'ils entendent leur enfant pleurer à côté. Et puis il y a ceux qui font chambre à part, avec un enfant qui le vit très bien, et donc les discours pro-cododo n'émeuvent pas du tout les parents, parce qu'ils se sentent bien dans leur choix de non-cododo. Et il y a les familles comme nous, qui cododotent par choix assumé* et qui se moquent pas mal de ce qu'en pensent les psy pro-Freud et leurs théories sur l'Oedipe...

On culpabilise uniquement quand on fait quelque chose qui est contre nos propres valeurs et qu'on sait qu'on pourrait faire autrement.

Peu importe les choix qu'on fait, assumons-les et arrêtons de sermonner ceux qui font des choix opposés aux nôtres!

  • A propos de notre cododo: toujours en cours, mais plus tout à fait non plus. Ca dépend des nuits, c'est très variable. Elle est capable de passer une nuit complète hors de la maison, mais selon les jours, parfois elle passe une partie de la nuit avec l'un de nous, ou avec nous deux. Et parfois, comme ce matin, elle nous fait l'immense plaisir de débarquer à 10h du matin dans notre chambre pour venir finir la grasse mat' avec nous <3

vendredi, février 25 2011

Mon planning

Pour les curieux qui se demandent à quoi ressemble ma vie de mère-pas-au-foyer...

J'ai un emploi salarié à temps plein, qui me plait beaucoup. Je l'ai repris très tôt, contre mon gré, parce que je n'ai légalement pas pu prendre de congé parental (moins d'un an dans l'entreprise), mais malgré tout je suis contente d'assumer la double casquette de travailleuse et de mère.

Mon planning se décompose comme suit: 12 semaines de congés par an (beaucoup de RTT) 16 semaines de 4 jours 24 semaines de 6 jours

Chaque jour travaillé est de 7h36, en poste matin ou après-midi: de 6h à 13h36 ou de 12h54 à 20h30.

J'ai donc, tous les jours, la moitié de ma journée pour m'occuper de ma fille, de ma maison, et de mes activités lucratives. Malgré un temps plein, j'arrive parfaitement à organiser les journées et à faire un tas de choses à côté, en plus du travail, et en plus de ma vie de mère/épouse. J'ai ma vie de femme, pleinement épanouie. Bien sûr, ça me fait des grosses journées, et j'ai besoin de bien dormir la nuit (ça a pesé dans la balance POUR le cododo, pas question de perdre en qualité de sommeil et de devoir me lever pour m'occuper de ma fille!).

Je gère. J'en suis fière. Je dégaine mes hauts talons même quand j'ai mon écharpe de portage. Ma garde-robe, sous-vêtements y compris, ne ressemble pas du tout à ce qu'on voit dans les magasins de puériculture. Pas question que je m'oublie en tant que femme sous le prétexte d'être mère! Je me maquille, je prends soin de moi, pour mon propre plaisir. Et parce que même "madame tout le monde" a le droit d'être classe malgré la maternité, et que ce n'est pas réservé à Angelina Jolie, Gisèle Bündchen, Salma Hayek, ou Miranda Kerr (quelques figures people de l'allaitement qui font envier). Ok, j'avoue, j'ai de la chance, j'ai une silhouette facile. Mais peu importe ce que donne la nature, ça n'empêche pas de prendre soin de soi, même sans être une star et sans avoir des coachs et de l'argent dédié! J'ai besoin de garder une bonne image de moi, de ne pas me sentir réduite à l'état de mère.

J'en reviens à mon emploi du temps vs l'allaitement. Les premiers mois, je tirais 3 fois par jour (5 minutes par tirage), puis, 2 fois, et après un an, une seule fois. Maintenant que ma fille a passé 2 ans, je tire ponctuellement, quand l'envie m'en prend, disons tous les 2 ou 3 jours. Elle n'en a plus autant besoin qu'avant, mais ça ne me gêne pas tant que ça, donc je le fais vite fait en fin de poste, quand je vais me changer au vestiaire. Qu'est-ce que 5 minutes sur une journée? Et ça me flatte mon égo, de continuer à tirer mon lait pour ma fille. J'aime voir ce lait si blanc, si pur, si précieux. J'aime savoir que ma fille pousse des cris d'allégresse quand elle entend sa nounou (nb: ma mère, son assistante maternelle officielle et adorée) préparer le biberon de mon lait.

mercredi, février 23 2011

"Il vaut mieux donner un biberon avec amour que le sein à contre-coeur": NON!

Ahhh cette phrase qu'on ressort à toutes les sauces pour déculpabiliser les mères qui n'allaitent pas!

Alors, d'abord, mettons les choses au clair: oui, évidemment, l'amour de la mère est absolument important pour l'enfant. Et oui, bien évidemment, une mère qui n'allaite pas (par choix ou par échec) peut tout à fait aimer son enfant de tout son coeur. Et ce n'est pas parce qu'elle n'allaite pas que cela fait d'elle une mauvaise mère, évidemment que non!

Cela étant dit, je ne suis pas d'accord avec cette fichue phrase: "il vaut mieux un biberon donné avec amour qu'un sein donné à contre-coeur". Parce que justement, de toute façon, une mère aime inconditionnellement son enfant. Donc, allaitement ou pas, l'enfant est aimé. Et le sein est tellement largement supérieur au biberon que je ne comprends pas qu'on puisse dire qu'il peut "mieux valoir" un biberon qu'un sein. Imaginons un enfant allergique aux PLV (protéines de lait de vache). Imaginons même qu'il y a soit fortement allergique, du genre dangereusement. Est-ce qu'il est vrai qu'il vaut mieux que sa mère lui donne un biberon de lait artificiel plutôt que de lui donner son sein?

Bien sûr, tous les bébés ne sont pas de grands allergiques. Mais pour tous, la qualité du lait maternel surpasse celle du lait artificiel, et cette qualité aura des influences sur sa vie entière.

Et puis surtout, hormis ce petit laïus méchamment culpabilisant, il convient de rappeler que l'allaitement nous fait produire de l'ocytocine en grande quantité. L'ocytocine, pour rappel, est l'hormone de l'amour. Je me demande donc si il est vraiment possible de ne pas aimer un enfant qu'on allaite?

Quant au fait de donner le sien à contre-coeur, je dois reconnaître que j'ai vécu cette situation durant quelques jours, peut-être quelques semaines, même. A partir du 3ème jour de ma fille, j'ai eu de vives douleurs lorsqu'elle tétait, même si je n'avais pas de crevasses et que la position était correcte (avec le recul, il me semble que le problème devait venir de sa bouche trop peu ouverte). Lui donner le sein était un combat, j'en pleurais. Mais je voyais bien qu'elle en avait besoin, que mon corps était fait pour l'allaiter! Alors j'ai persisté... Et avec le temps, les douleurs se sont atténuées et ont fini par disparaître. Aujourd'hui, j'allaite encore avec plaisir après plus de 2 ans. Et pourtant, il arrive encore que certaines tétées m'exaspèrent: quand elle tète trop longtemps à mon goût, d'une façon agaçante, en me pinçant, etc... Oui, il m'arrive de lui donner le sein à contre-coeur. Mais je reste entièrement persuadée que ça reste largement préférable à un biberon, fusse-t-il donné avec amour les yeux dans les yeux.

De nombreuses femmes vivent mal leur grossesse, ne se sentent pas bien psychologiquement et/ou physiquement en étant enceinte. Oserait-on pour autant dire qu'il vaut mieux un bébé prématuré mais aimé en couveuse qu'une grossesse mal vécue jusqu'à son terme?

C'est mon point de vue, il a le droit de ne pas être partagé, j'ai l'habitude :)

samedi, octobre 9 2010

Retourner un bébé sans faire de version

Je copie-colle un message qui pourraient intéresser beaucoup de futures mamans:

Les SF mexicaines ont une technique pour faire retourner les bébés qui s'annoncent en siège. Voilà les détails, au cas où ça en intéresserait certaines. Naolí Vinaver dit qu'elle a fait pratiquer ces exercices à 90 mères à 36 semaines et plus (en-dessous, ça ne sert à rien, les bébés font des galipettes tout le temps et le "siège" n'a pas de sens), et 85 des bébés se sont retournés... Le prinicipe est simplement de renverser la gravité pour inciter le bébé à se retourner, il n'y a aucune manipulation du bébé, on ne touche même pas le ventre de la mère... Donc, le seul "risque", si ça ne marche pas, c'est que le bébé reste en siège!

La série d'exercices est à commencer le matin, et la régularité est très importante (prévoir de l'aide pour s'occuper des grands et avoir le champ libre).

Exercice 1: coucher la mère sur le dos, genoux pliés, et fesses levées aussi haut que possible en gardant les épaules au sol. Caler avec des coussins. La laisser rester comme ça 20 minutes. Étaler un rebozo (foulard traditionnel, à défaut prendre un truc au tissage "qui accroche") sur les fesses de la mère qui se tient à 4 pattes. Les deux extrémités du rebozo étant de chaque côté de la mère, on se place derrière elle et on les attrape bien serré pour maintenir fesses et bassin et on secoue de haut en bas et d'avant en arrière, pendant 3 minutes.

2h de pause (la mère vaque à ses occupations comme elle l'entend).

Exercice 2: La mère se met à 4 pattes, les cuisses bien à la verticale, et pose la tête et la poitrine au sol en gardant bien les fesses en l'air. Position à tenir 20 minutes. Enchaîner avec 3 minutes de "secouage de popotin" au rebozo.

2h de pause.

Exercice 3: En portant des protections aux genoux et aux mains (genouillères, gants de cuisine), la mère marche à 4 pattes pendant 20 minutes. Enchaîner avec 3 minutes de "secouage de popotin" au rebozo.

2h de pause

Exercice 1 pendant 20 minutes. Etc.

Poursuivre jusqu'au soir.

Souvent, le bébé se retourne dans la nuit, donc il faut vérifier sa position le lendemain matin (la SF peut vous montrer en 3 minutes comment savoir ce qui est où) avant de reprendre les exercices, pour ne pas le faire retourner à nouveau s'il l'a déjà fait pendant la nuit. S'il est toujours en siège, on refait pareil que la veille. Si au matin du 3e jour il est toujours en siège, on laisse passer 4 ou 5 jours avant de recommencer. Les bébés se retournent en moyenne au bout d'un jour et demi. Et d'après Naolí, ceux qui restent en siège sont ceux qui "veulent naître comme ça" et sont capables de le faire par voie vaginale sans plus de difficulté que ça.

Je trouve assez effrayant que, alors que des techniques comme ça sont éprouvées depuis des siècles, on pratique ici des versions hasardeuses et traumatisantes, et des tas de césariennes inutiles, par pure incompétence...

samedi, septembre 18 2010

Portage "à l'africaine"

Le dernier numéro Marie-Claire a fait un article sur l'allaitement et le travail. J'aurais beaucoup de remarques à faire (des positives et des négatives, surtout concernant la photo ultra-choc de celle qui allaite au bureau dans une position limite porno), mais pour le moemnt je vais m'en tenir à commenter cet extrait:

"Autre point commun entre toutes ces actives allaitantes?: elles ont souvent la fibre écolo et pratiquent le «?maternage proximal?». Traduction?: pas de poussette, mais transport de bébé à l'africaine, dans une écharpe, sur le dos ou le ventre"

J'en ai franchement plus que raz le bol d'entendre les gens parler de portage "à l'africaine".



Le portage à l'africaine, c'est en pagne dans le dos.



Alors que nous ici on porte beaucoup plus en écharpe, et je crois qu'il y a plus de mères qui portent devant que derrière en France.



Quand je porte ma fille en écharpe au Cap Vert (donc, en Afrique, donc, ils portent en pagne là-bas), tout le monde regarde avec beaucoup de curiosité, ils ne connaissent pas du tout cette méthode!



Le portage c'est universel. Les méthodes de portage varient d'un endroit à un autre par contre. Mei-tai en Asie, pagne en afrique, rebozo au mexique, et que sais-je encore...



Je précise que je sais porter en pagne, il m'arrive de le faire, et je le faisais avec mon filleul bien avant la naissance de ma fille. Mais depuis que j'ai découvert l'écharpe, je fais une grande différence entre "portage à l'africaine" et "portage en écharpe". Ca n'a rien à voir, et la confusion m'agace!



Est-ce qu'ils ne veulent pas dire que j'allaite à l'africaine aussi, tant qu'on y est???! Ca veut rien dire du tout!

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