Maternage

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mercredi, février 23 2011

"Il vaut mieux donner un biberon avec amour que le sein à contre-coeur": NON!

Ahhh cette phrase qu'on ressort à toutes les sauces pour déculpabiliser les mères qui n'allaitent pas!

Alors, d'abord, mettons les choses au clair: oui, évidemment, l'amour de la mère est absolument important pour l'enfant. Et oui, bien évidemment, une mère qui n'allaite pas (par choix ou par échec) peut tout à fait aimer son enfant de tout son coeur. Et ce n'est pas parce qu'elle n'allaite pas que cela fait d'elle une mauvaise mère, évidemment que non!

Cela étant dit, je ne suis pas d'accord avec cette fichue phrase: "il vaut mieux un biberon donné avec amour qu'un sein donné à contre-coeur". Parce que justement, de toute façon, une mère aime inconditionnellement son enfant. Donc, allaitement ou pas, l'enfant est aimé. Et le sein est tellement largement supérieur au biberon que je ne comprends pas qu'on puisse dire qu'il peut "mieux valoir" un biberon qu'un sein. Imaginons un enfant allergique aux PLV (protéines de lait de vache). Imaginons même qu'il y a soit fortement allergique, du genre dangereusement. Est-ce qu'il est vrai qu'il vaut mieux que sa mère lui donne un biberon de lait artificiel plutôt que de lui donner son sein?

Bien sûr, tous les bébés ne sont pas de grands allergiques. Mais pour tous, la qualité du lait maternel surpasse celle du lait artificiel, et cette qualité aura des influences sur sa vie entière.

Et puis surtout, hormis ce petit laïus méchamment culpabilisant, il convient de rappeler que l'allaitement nous fait produire de l'ocytocine en grande quantité. L'ocytocine, pour rappel, est l'hormone de l'amour. Je me demande donc si il est vraiment possible de ne pas aimer un enfant qu'on allaite?

Quant au fait de donner le sien à contre-coeur, je dois reconnaître que j'ai vécu cette situation durant quelques jours, peut-être quelques semaines, même. A partir du 3ème jour de ma fille, j'ai eu de vives douleurs lorsqu'elle tétait, même si je n'avais pas de crevasses et que la position était correcte (avec le recul, il me semble que le problème devait venir de sa bouche trop peu ouverte). Lui donner le sein était un combat, j'en pleurais. Mais je voyais bien qu'elle en avait besoin, que mon corps était fait pour l'allaiter! Alors j'ai persisté... Et avec le temps, les douleurs se sont atténuées et ont fini par disparaître. Aujourd'hui, j'allaite encore avec plaisir après plus de 2 ans. Et pourtant, il arrive encore que certaines tétées m'exaspèrent: quand elle tète trop longtemps à mon goût, d'une façon agaçante, en me pinçant, etc... Oui, il m'arrive de lui donner le sein à contre-coeur. Mais je reste entièrement persuadée que ça reste largement préférable à un biberon, fusse-t-il donné avec amour les yeux dans les yeux.

De nombreuses femmes vivent mal leur grossesse, ne se sentent pas bien psychologiquement et/ou physiquement en étant enceinte. Oserait-on pour autant dire qu'il vaut mieux un bébé prématuré mais aimé en couveuse qu'une grossesse mal vécue jusqu'à son terme?

C'est mon point de vue, il a le droit de ne pas être partagé, j'ai l'habitude :)

dimanche, août 29 2010

L'allaitement "long" n'est PAS incestueux

Je commence à être vraiment agacée par les réflexions débiles concernant l'allaitement dit "long" (personnellement je trouve plutôt que ce sont les autres allaitements qui sont trop courts, mais bon...). Bref, quand le sevrage naturel arrive à un âge où, dans notre société, les statistiques de bambins allaités sont certainement inférieures à 1% (dans d'autres endroits du monde, c'est pourtant la norme).

Alors quoi, parce qu'on allaite un enfant plus grand, ça veut dire qu'on est incestueuses? Est-ce que nous on accuse vos enfants d'être zoophiles sous prétextes qu'ils boivent du lait animal??

On nous reproche aussi parfois de prendre du plaisir à allaiter un enfant. Comme si le "plaisir" était forcément sexuel. L'allaitement est un moment agréable parce qu'il crée des liens affectueux forts, il déclenche la production d'ocytocine (hormone de l'amour, de l'attachement), mais ce n'est pas comparable avec le plaisir sexuel.

Je compare généralement avec les bisous: on utilise sa bouche pour faire des bisous à son enfant, on aime lui faire des bisous, mais ça n'a rien à voir avec les baisers amoureux. De même, les seins ne sont pas forcément sexuels. Leur première fonction est de nourrir les enfants. C'est notre société actuelle qui a modifié l'image qu'on s'en fait.

C'est quand même fou qu'on en vienne à considérer comme pathologique un comportement qui est pourtant normal, naturel, et même nécessaire à la survie de l'espèce humaine.

D'ailleurs, je pense à réclamer à ma mutuelle une prime pour mon allaitement long et mon "effort" de tirer mon lait au travail. Sans rire, la Sécu et la Mutuelle font de sacrées économies grâce à l'allaitement, plus il est long! Je n'ai jamais dû consulter pour une maladie de ma fille! A ce propos, une vidéo pro-allaitement faite aux USA: http://www.infopresse.com/visuel.aspx?id=35403&idimg=1

mardi, mai 4 2010

Non, je ne suis pas une tétine géante

Souvent, on m'a qualifié de tétine géante. Moi-même j'ai utilisé l'expression un bon nombre de fois, sans connotation négative dans mon esprit, mais je regrette d'avoir utilisé ces mots.

Je ne suis pas une tétine géante, ni un biberon géant, ni une peluche géante. Tous ces objets remplacent la mère. Mais ce n'est pas la mère qui remplace ces objets!

Alors, oui, ma fille passe beaucoup de temps à bras. Et oui, elle tète beaucoup, souvent, rapidement ou longtemps, parce que c'est NATUREL.

Ce sont les enfants auxquels on refuse les bras et l'accès normal au sein qui sont obligés de se reporter sur ces fameux objets transitionnels pour combler leur besoin de succion ou d'affection. Donc, non, je ne suis pas un objet géant. Je suis juste une mère normale, qui s'écoute dans sa nature profonde, et qui laisse à sa fille l'accès à ce qu'elle a droit en tant qu'enfant.

mercredi, avril 28 2010

Allaitement en public

"Un sondage IFOP a interrogé 1000 femmes françaises de tous âges sur « les femmes et la nudité ». L’un des questions portait sur l’allaitement en public. 84 % de l’ensemble des personnes interrogées ne sont pas dérangées par l’allaitement en public. Mais ce chiffre global cache des différences selon l’âge. Plus les femmes sont âgées, plus elles sont tolérantes face à l'allaitement en public : seuls 9 % des plus de 65 ans trouvent cette situation dérangeante, contre 12 % des plus de 35 ans et 26 % des 18-24 ans."

Et vous?

jeudi, mars 25 2010

La VRAIE culpabilisation

Aujourd'hui, je souhaite raconter un épisode qui m'a énormément touché ce matin.

Je vais rendre visite à un collègue dont la femme a accouché lundi dernier.

Pendant qu'elle la lave à l'étage, je discute avec mon collègue, qui m'explique que sa femme a tenté d'allaiter, mais que sa fille n'a eu que le colostrum car sa femme n'a pas eu de montée de lait, bien que la maternité (la même que celle où j'ai accouché) ait "tout" fait pour l'aider. J'explique à mon collègue qu'il n'y a aucune raison pour que ça ne marche pas, et qu'il n'est pas trop tard si ça femme y tient.. Je lui dis que je peux lui proposer de l'aider si elle tient vraiment à allaiter mais que je ne voudrais pas la mettre plus mal à l'aise encore. Il me dit que oui, elle avait très envie d'allaiter...

Sa femme arrive avec le bébé... Je lui dis "Alors, il parait qu'ils t'ont fait foirer ton allaitement à la maternité?" Et elle: "Non, c'est pas eux, c'est moi... J'ai pas eu de montée de lait"...

Là je vois le désespoir dans ses yeux... Elle me dit qu'elle a beaucoup pleuré mais qu'elle s'est résigné :(((

Je tâte un peu le terrain, mais je vois qu'elle n'aura pas le courage de retenter de mettre sa lactation en route, donc j'ai laissé tomber pour ne pas la faire sentir coupable encore plus. Mais là, oui, j'ai senti en elle la fameuse "culpabilisation". Parce qu'elle a voulu allaiter et qu'on lui a fait comprendre qu'elle n'en était pas capable. C'est déprimant.

A savoir que sa fille téter très bien, mais... elle avait perdu du poids (bah oui, la mienne aussi). Du coup ils lui ont fait tirer son lait (bah oui, moi aussi) et elle n'arrivait pas à tirer (bah oui, moi non plus, à l'époque...) jusqu'à tirer du sang à la fin... Ils lui ont même filé un DAL (pffff si tôt, avec un bébé qui tète bien, je vois pas l'intérêt!!). Mais apparemment, la petite s'enlever du sein et ne prenait que le tube du coup, pffff c'est vraiment stupide de lui avoir proposé un DAL aussi tôt! Pourtant sa fille est née avec 3,020 kg donc bon, c'était pas un cas désespéré quoi (je sais pas combien elle a perdu par contre...).

La maman m'a dit aussi que c'est sûrement les 3 JOURS de déclenchement (pour dépassement de terme) qui ont fait qu'elle n'était pas en forme et qu'elle n'avait pas de lait. Je suis absolument persuadée que c'est la maternité qui lui a fait foirer son allaitement. Si, au lieu de tenter de fausses solutions pour l'aider, ils avaient laissé la petite téter à volonté, souvent, sa montée de lait serait venue toute seule... quitte à ce que ce soit un peu en retard. Mais je me souviens de la pression que cette maternité (Jeanne de Flandres, 59) m'a mise aussi sur le poids de ma fille (qui avait perdu 10% de son poids, qu'elle a repris 3 semaines après, et elle a toujours était en excellente forme, a une très belle courbe de croissance) et qu'on me disait aussi que j'avais pas assez de lait, que ma montée de lait tardait à venir, etc... Donc je comprends tout à fait ce qu'elle a vécue... Je suis navrée pour elle. Si je la connaissais mieux, si j'avais été la voir avant, peut-être que j'aurais essayé de l'aider, mais là je la connais à peine elle, je n'ose pas insister, j'ai tendu une perche au cas où mais... tant pis.

Le pire, c'est que... leur fille est allergique au LA. Elle a la diarrhée et a des coliques depuis qu'ils l'ont passé au LA :(((

Voilà, ça m'a déprimé, cette véritable culpabilisation que les hôpitaux mettent sur les mères qui veulent allaiter! Quand on parle de mauvaise culpabilisation des mères qui n'allaitent pas, c'est celle-là! Ca m'a tellement fait mal au cœur de voir qu'elle se croyait coupable, qu'elle pensait que c'était sa faute, qu'elle n'était pas capable de nourrir sa fille! Alors qu'en fait, c'est uniquement la faute de l'hôpital qui a voulu interférer!

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