Maternage

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samedi, octobre 9 2010

Retourner un bébé sans faire de version

Je copie-colle un message qui pourraient intéresser beaucoup de futures mamans:

Les SF mexicaines ont une technique pour faire retourner les bébés qui s'annoncent en siège. Voilà les détails, au cas où ça en intéresserait certaines. Naolí Vinaver dit qu'elle a fait pratiquer ces exercices à 90 mères à 36 semaines et plus (en-dessous, ça ne sert à rien, les bébés font des galipettes tout le temps et le "siège" n'a pas de sens), et 85 des bébés se sont retournés... Le prinicipe est simplement de renverser la gravité pour inciter le bébé à se retourner, il n'y a aucune manipulation du bébé, on ne touche même pas le ventre de la mère... Donc, le seul "risque", si ça ne marche pas, c'est que le bébé reste en siège!

La série d'exercices est à commencer le matin, et la régularité est très importante (prévoir de l'aide pour s'occuper des grands et avoir le champ libre).

Exercice 1: coucher la mère sur le dos, genoux pliés, et fesses levées aussi haut que possible en gardant les épaules au sol. Caler avec des coussins. La laisser rester comme ça 20 minutes. Étaler un rebozo (foulard traditionnel, à défaut prendre un truc au tissage "qui accroche") sur les fesses de la mère qui se tient à 4 pattes. Les deux extrémités du rebozo étant de chaque côté de la mère, on se place derrière elle et on les attrape bien serré pour maintenir fesses et bassin et on secoue de haut en bas et d'avant en arrière, pendant 3 minutes.

2h de pause (la mère vaque à ses occupations comme elle l'entend).

Exercice 2: La mère se met à 4 pattes, les cuisses bien à la verticale, et pose la tête et la poitrine au sol en gardant bien les fesses en l'air. Position à tenir 20 minutes. Enchaîner avec 3 minutes de "secouage de popotin" au rebozo.

2h de pause.

Exercice 3: En portant des protections aux genoux et aux mains (genouillères, gants de cuisine), la mère marche à 4 pattes pendant 20 minutes. Enchaîner avec 3 minutes de "secouage de popotin" au rebozo.

2h de pause

Exercice 1 pendant 20 minutes. Etc.

Poursuivre jusqu'au soir.

Souvent, le bébé se retourne dans la nuit, donc il faut vérifier sa position le lendemain matin (la SF peut vous montrer en 3 minutes comment savoir ce qui est où) avant de reprendre les exercices, pour ne pas le faire retourner à nouveau s'il l'a déjà fait pendant la nuit. S'il est toujours en siège, on refait pareil que la veille. Si au matin du 3e jour il est toujours en siège, on laisse passer 4 ou 5 jours avant de recommencer. Les bébés se retournent en moyenne au bout d'un jour et demi. Et d'après Naolí, ceux qui restent en siège sont ceux qui "veulent naître comme ça" et sont capables de le faire par voie vaginale sans plus de difficulté que ça.

Je trouve assez effrayant que, alors que des techniques comme ça sont éprouvées depuis des siècles, on pratique ici des versions hasardeuses et traumatisantes, et des tas de césariennes inutiles, par pure incompétence...

dimanche, juillet 18 2010

Le premier cri

J'ai enfin vu le film "Le Premier Cri" (visible ici: http://www.aflamcity.com/films/Le-Premier-cri--streaming-10008.html)

Très beau film, touchant, émouvant, bien réalisé, bref, il m'a beaucoup plus.

Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est qu'à travers les différentes cultures et/ou les choix faits par les parents, on peut se faire une idée assez précise des 3 grands choix d'accouchement possible:

- l'accouchement médicalisé

- l'accouchement assisté mais non médicalisé

- l'accouchement non assisté

Pour l'accouchement médicalisé, c'est le plus courant sous nos latitudes. Ca va de l'accouchement médicalisé classique, comme Cindy, la danseuse Parisienne, qui vit un accouchement lambda pour une française, à l'accouchement sur-médicalisé, comme la mère du Pôle Nord à laquelle on impose une césarienne sous le mauvais prétexte que son bébé est trop gros. Et bien sûr, il y a la maternité du Vietnam, et ses 120 naissances quotidiennes (45000 par an!), les femmes qui sont toutes ensembles dans le couloir, le bébé sur lequel on écrit un nom et un numéro, bref, la naissance totalement déhumanisée.

Quant à l'accouchement non assisté, le film laisse entrevoir les risques qu'il comporte: la mère canadienne qui se retrouve démunie face au placenta qui n'est pas sorti au bout de 3 heures, et la bébé mort-né au Sahara... La Massaï nous raconte quant à elle qu'elle a failli perdre la vie lors de son précédent accouchement. La mère indienne et la mère amérindienne nous laisse apprécier des accouchements non assistés qui se déroulent bien. Quoique, j'ai tort de dire non-assistés, puisqu'en Inde, on voit une sage-femme, et en Amazonie, il y a l'accoucheuse du village il me semble. Tandis que le couple au Canada et les deux femmes africaines ne sont entourés que d'amis, mais pas de personnes compétantes.

Et enfin, l'accouchement assisté mais non médicalisé. C'est celui qui me fait rêver :) car il reste à la fois très humain, tout en étant correctement surveillé, et en sachant que des professionnels sont là en cas de besoin, ce qui est tout de même très rassurant lors d'un événement aussi crucial que la naissance. Le docteur japonais semble merveilleux, sa maison de naissance a l'air idéale. Les accouchements que l'on voit au Mexique sont absolument magnifiques. Ce sont des moments humains, magiques, des naissances totalement naturelles, et très bien entourées.

En résumé, un très beau film documentaire à voir absolument, qui respecte chaque naissance, ne juge aucun choix, et laisse chacun se forger sa propre opinion.

samedi, juillet 10 2010

Présence du père à l'accouchement...

C'est amusant, quand j'y repense.

Avant de tomber enceinte, je n'imaginais même pas accoucher sans le père à mes côtés. C'était tellement devenu la norme culturelle que je ne me posais pas du tout la question.

Et puis je me suis mariée, je suis tombée enceinte. Et j'ai eu face à moi et non clair et net, ferme, un refus total d'assister à l'accouchement.

Les mois ont passés, me laissant petit à petit le temps de digérer ce refus. Ces mois, je les ai passés en entendant mes collègues (majoritairement hommes) raconter leur vécu. Les entendre dire ce qu'ils ont ressenti pendant qu'ils assistaient à l'accouchement de leurs femmes. Et en fait, ils n'avaient pas l'air ravis. Quand ils en parlent entre eux, on sent un peu l'obligation qui pèse sur eux, de devoir accompagner leur femme pendant ce moment-là.

Avant, ça me semblait logique, normal, nécessaire. Ce bébé, on l'a fait à deux, alors pas question de me laisser tomber au moment où je souffrirai pour le mettre au monde, non mais!

Et petit à petit, les idées ont cheminé dans ma tête. J'avais très envie que ma sœur soit à mes côtés (ancienne élève sage-femme). L'hôpital n'acceptait qu'un accompagnant, j'aurais dû choisir entre ma sœur ou mon mari. Mais pas besoin de choisir, puisque lui s'opposer à assister à l'accouchement.

Résultat: mon mari m'a accompagnée à la maternité, est resté avec moi les premières heures, puis, ma sœur a pris la relève. Elle a été la personne idéale pour m'accompagner. Elle connaissait la maternité puisqu'elle y avait des accouchements pendant ses stages, elle avait elle-même mis au monde deux petites filles, elle me connaissait bien moi, mieux que si j'avais dû prendre une doula quelconque. Sa présence m'a rassurée. Et puis, elle a pu filmé toute la naissance (et du coup, le papa a pu voir la naissance de sa fille après coup). Mon mari ne m'avait pas laissé tomber, je savais qu'il était là, juste à côté, dans le couloir. Une fois l'accouchement terminé, et la boucherie finie (que je suis heureuse qu'il n'est pas eu à voir la révision utérine!!!!), ma sœur est sortie et il est entré prendre sa place de père. Il a pu prendre sa fille à bras, l'habiller... Et il a eu cette très belle phrase en entrant: "tu as une odeur de mère".

Je ne regrette rien. Le jour où nous aurons un autre enfant, je n'ai pas envie qu'il assiste à l'expulsion. Je veux juste qu'il soit proche et qu'il s'occupe de notre fille pendant ce temps-là. Et je veux encore ma sœur pour me soutenir. Ainsi qu'une sage-femme. Ma maison. L'obscurité. Être seule quand j'en ai envie. Et certainement encore à 4 pattes, j'ai expérimenté les 3 pendant le travail (couchée sur le dos/sur le côté/accroupie) et c'est de loin la plus facile à gérer!

En fait, l'accouchement est une histoire de Femmes. Je ne veux pas d'homme, tout simplement. A la maternité, déjà, j'avais réclamé à être accouchée par une sage-femme et surtout pas par un gynéco. J'ai le sentiment aujourd'hui que je ne veux tout simplement pas de présence masculine pendant que j'accouche.

vendredi, mai 21 2010

Accouchement à domicile (AAD)

Le prochain bébé n'est pas prévu pour l'instant, mais quand il sera à l'ordre du jour, mon objectif principal en terme de préparation sera l'accouchement à domicile.

Je sais, ça fait sursauter, mais bon, si vous trainer sur ce blog, vous avez dû remarquer que j'étais -un peu- anticonformiste. Et puis surtout, que je creuse les questions jusqu'au bout et que j'en tire mes propres conclusions, souvent différentes de la majorité.

Alors, pourquoi l'accouchement à domicile?

Parce que, bien que la maternité où j'ai accouché ait accepté plusieurs de mes "délires" (façon de parler, hein, pour moi ce n'était pas des délires) du projet de naissance, ils n'ont pas respecté tout ce que je voulais.

J'ai pu accoucher à 4 pattes/accroupie, comme je le voulais.

Mais...

- j'étais sous les projecteurs ultra fort, alors que j'ai demandé si il était possible de détourner la lumière ou de diminuer l'intensité. Quel accueil fait-on à un enfant qui n'a jamais vu la lumière! On l'aveugle dès qu'il ouvre les yeux au monde!

- j'ai du être à jeun pendant quasi 24h (arrivée à l'hôpital vers 10h, journée entière avec interdiction de manger ou boire pendant le travail, accouchement dans la nuit à 1h08, interdiction de manger après l'accouchement, et le temps d'attendre qu'on me ramène enfin quelque chose à grignoter dans ma chambre... et encore, à peine une tranchounette de pain...). Quand on doit faire quelque chose d'aussi fatiguant qu'un accouchement, on a besoin de force! Être à jeun, c'est un comble!

- j'ai fini par demander une injection de synto alors que je n'en voulais absolument pas, simplement parce que je voulais en finir vite de ce travail, pour pouvoir MANGER, BOIRE, et DORMIR. Si j'avais pu faire ça tranquillement, je n'aurais pas demandé à accélérer le travail

- mon accouchement était pour ainsi dire un spectacle avec au minimum 5 spectateurs (ma sœur, que je voulais à mes côtés, plusieurs sages-femmes, étudiantes, anesthésistes, personnes de passage dans la salle d'accouchement...). Le prochain, je le veux beaucoup plus intime. Une sage-femme (pourquoi pas ma sœur, ancienne élève SF) me suffirait amplement

- le monito et l'appareil qui prenait ma tension me rendait DINGUE

- il faisait froid dans la salle d'accouchement

- on m'a obligée à expulser le placenta immédiatement (genre 2 minutes après la naissance de ma fille) sous prétexte qu'elles le voyaient, alors que moi, je ne me sentais pas du tout la force de le pousser à ce moment-là. J'aurais tout à fait pu attendre que l'envie s'en fasse sentir de repousser (c'est normalement le cas, physiologiquement, lors de la 1ère tétée... mais on ne m'a pas laissé l'expérimenter...), ça se serait bien mieux passé, j'en suis persuadée. Là, ça c'est mal fini, elles ont du appelé le gynécologue (un inconnu) qui m'a fait SUBIR une "révision utérine" (en clair, il va chercher lui-même les restes de placenta à l'intérieur du vagin, en ne mettant pas juste les doigts ou la main, mais bel et bien le BRAS. C'est hyper douloureux, et extrêmement traumatisant). En plus, de ce fait, ils ont pris ma fille le temps de ce geste médical, et j'ai donc loupé le peau-à-peau dès premiers instants de vie (j'ai à peine eu ma fille quelques minutes face à moi, puisque j'étais à 4 pattes, je rappelle...).

- Je n'ai pas eu d'épisiotomie, Dieu merci, j'avais insisté pour ne pas en avoir en précisant que j'étais totalement prête à risquer une déchirure. Je n'ai pas eu de déchirure, j'ai à peine eu quelques "éraillures", mais malgré cela ils ont tenu à me recoudre... Au final, ce sont les fils qui m'ont fait souffrir pendant plusieurs semaines! Une cicatrisation naturelle m'aurait sûrement fait bien moins mal.

- avec toutes ces histoires, j'ai pris la péridurale alors que, finalement, j'aurais tout à fait pu accoucher sans. J'ai regretté de l'avoir prise lorsque j'ai remarqué à quel point ma fille semblait "dopée" les premiers jours (elle dormait en permanence, ne tétait presque jamais, perdait du poids puis le reprenait trop lentement).

Enfin, je rappelle qu'il n'est pas question "d'inconscience" comme beaucoup le croient, puisque, dans les cas où l'AAD est bien entouré, les risques de complications et de mortalité sont inférieurs. Que les femmes qui choisissent un AAD sont normalement suivies, et que la sage-femme qui les suit est tout à fait compétente pour prendre la décision d'aller à l'hôpital si nécessaire (suite à la lecture d'un mémoire rédigé par une sage-femme, il semble que cela représente environ 10% des cas). Et qu'en cas de complications, l'hôpital est proche de la maison. Au premier abord, je sais que l'AAD choque, mais quand on se penche réellement de près sur la question, qu'on regarde l'éventail de risques comparatifs entre hôpital (et donc routine etc) et AAD, etc... la balance finit par pencher en faveur de l'AAD.

J'espère donc que mon prochain accouchement sera totalement respectueux (oui, le respect, c'est mon maître-mot pour tout!), intime, personnel, et mémorable! Pour ma fille, j'y ai pensé, mais je ne me sentais pas encore prête. Aujourd'hui, je sais que j'ai fait assez de chemin dans ma tête pour aller au bout de cette démarche à ma prochaine grossesse, un jour. En tout cas, je suis déjà bien contente d'avoir déjà réussi à avoir un minimum de respect de mon PROJET DE NAISSANCE à l'hôpital, je pense que c'est nécessaire d'établir cela pour se réapproprier son corps et ne pas simplement SUBIR son accouchement. C'est nous, les femmes, les mères, qui mettons au monde. Ce n'est pas la sage-femme ou le gynéco qui le fait. Et il ne s'agit pas que de ce moment-là, mais aussi de ses conséquences, sur le démarrage de la vie de l'enfant, sur la sexualité du couple, etc...

Quelques liens pour creuser la question: http://dechainees.easy-hebergement.info/index.php?page=33f http://www.martinwinckler.com/article.php3?id_article=305 http://www.projetdenaissance.com/