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dimanche, août 29 2010

L'allaitement "long" n'est PAS incestueux

Je commence à être vraiment agacée par les réflexions débiles concernant l'allaitement dit "long" (personnellement je trouve plutôt que ce sont les autres allaitements qui sont trop courts, mais bon...). Bref, quand le sevrage naturel arrive à un âge où, dans notre société, les statistiques de bambins allaités sont certainement inférieures à 1% (dans d'autres endroits du monde, c'est pourtant la norme).

Alors quoi, parce qu'on allaite un enfant plus grand, ça veut dire qu'on est incestueuses? Est-ce que nous on accuse vos enfants d'être zoophiles sous prétextes qu'ils boivent du lait animal??

On nous reproche aussi parfois de prendre du plaisir à allaiter un enfant. Comme si le "plaisir" était forcément sexuel. L'allaitement est un moment agréable parce qu'il crée des liens affectueux forts, il déclenche la production d'ocytocine (hormone de l'amour, de l'attachement), mais ce n'est pas comparable avec le plaisir sexuel.

Je compare généralement avec les bisous: on utilise sa bouche pour faire des bisous à son enfant, on aime lui faire des bisous, mais ça n'a rien à voir avec les baisers amoureux. De même, les seins ne sont pas forcément sexuels. Leur première fonction est de nourrir les enfants. C'est notre société actuelle qui a modifié l'image qu'on s'en fait.

C'est quand même fou qu'on en vienne à considérer comme pathologique un comportement qui est pourtant normal, naturel, et même nécessaire à la survie de l'espèce humaine.

D'ailleurs, je pense à réclamer à ma mutuelle une prime pour mon allaitement long et mon "effort" de tirer mon lait au travail. Sans rire, la Sécu et la Mutuelle font de sacrées économies grâce à l'allaitement, plus il est long! Je n'ai jamais dû consulter pour une maladie de ma fille! A ce propos, une vidéo pro-allaitement faite aux USA: http://www.infopresse.com/visuel.aspx?id=35403&idimg=1

dimanche, juillet 18 2010

Le premier cri

J'ai enfin vu le film "Le Premier Cri" (visible ici: http://www.aflamcity.com/films/Le-Premier-cri--streaming-10008.html)

Très beau film, touchant, émouvant, bien réalisé, bref, il m'a beaucoup plus.

Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est qu'à travers les différentes cultures et/ou les choix faits par les parents, on peut se faire une idée assez précise des 3 grands choix d'accouchement possible:

- l'accouchement médicalisé

- l'accouchement assisté mais non médicalisé

- l'accouchement non assisté

Pour l'accouchement médicalisé, c'est le plus courant sous nos latitudes. Ca va de l'accouchement médicalisé classique, comme Cindy, la danseuse Parisienne, qui vit un accouchement lambda pour une française, à l'accouchement sur-médicalisé, comme la mère du Pôle Nord à laquelle on impose une césarienne sous le mauvais prétexte que son bébé est trop gros. Et bien sûr, il y a la maternité du Vietnam, et ses 120 naissances quotidiennes (45000 par an!), les femmes qui sont toutes ensembles dans le couloir, le bébé sur lequel on écrit un nom et un numéro, bref, la naissance totalement déhumanisée.

Quant à l'accouchement non assisté, le film laisse entrevoir les risques qu'il comporte: la mère canadienne qui se retrouve démunie face au placenta qui n'est pas sorti au bout de 3 heures, et la bébé mort-né au Sahara... La Massaï nous raconte quant à elle qu'elle a failli perdre la vie lors de son précédent accouchement. La mère indienne et la mère amérindienne nous laisse apprécier des accouchements non assistés qui se déroulent bien. Quoique, j'ai tort de dire non-assistés, puisqu'en Inde, on voit une sage-femme, et en Amazonie, il y a l'accoucheuse du village il me semble. Tandis que le couple au Canada et les deux femmes africaines ne sont entourés que d'amis, mais pas de personnes compétantes.

Et enfin, l'accouchement assisté mais non médicalisé. C'est celui qui me fait rêver :) car il reste à la fois très humain, tout en étant correctement surveillé, et en sachant que des professionnels sont là en cas de besoin, ce qui est tout de même très rassurant lors d'un événement aussi crucial que la naissance. Le docteur japonais semble merveilleux, sa maison de naissance a l'air idéale. Les accouchements que l'on voit au Mexique sont absolument magnifiques. Ce sont des moments humains, magiques, des naissances totalement naturelles, et très bien entourées.

En résumé, un très beau film documentaire à voir absolument, qui respecte chaque naissance, ne juge aucun choix, et laisse chacun se forger sa propre opinion.

samedi, juillet 10 2010

Présence du père à l'accouchement...

C'est amusant, quand j'y repense.

Avant de tomber enceinte, je n'imaginais même pas accoucher sans le père à mes côtés. C'était tellement devenu la norme culturelle que je ne me posais pas du tout la question.

Et puis je me suis mariée, je suis tombée enceinte. Et j'ai eu face à moi et non clair et net, ferme, un refus total d'assister à l'accouchement.

Les mois ont passés, me laissant petit à petit le temps de digérer ce refus. Ces mois, je les ai passés en entendant mes collègues (majoritairement hommes) raconter leur vécu. Les entendre dire ce qu'ils ont ressenti pendant qu'ils assistaient à l'accouchement de leurs femmes. Et en fait, ils n'avaient pas l'air ravis. Quand ils en parlent entre eux, on sent un peu l'obligation qui pèse sur eux, de devoir accompagner leur femme pendant ce moment-là.

Avant, ça me semblait logique, normal, nécessaire. Ce bébé, on l'a fait à deux, alors pas question de me laisser tomber au moment où je souffrirai pour le mettre au monde, non mais!

Et petit à petit, les idées ont cheminé dans ma tête. J'avais très envie que ma sœur soit à mes côtés (ancienne élève sage-femme). L'hôpital n'acceptait qu'un accompagnant, j'aurais dû choisir entre ma sœur ou mon mari. Mais pas besoin de choisir, puisque lui s'opposer à assister à l'accouchement.

Résultat: mon mari m'a accompagnée à la maternité, est resté avec moi les premières heures, puis, ma sœur a pris la relève. Elle a été la personne idéale pour m'accompagner. Elle connaissait la maternité puisqu'elle y avait des accouchements pendant ses stages, elle avait elle-même mis au monde deux petites filles, elle me connaissait bien moi, mieux que si j'avais dû prendre une doula quelconque. Sa présence m'a rassurée. Et puis, elle a pu filmé toute la naissance (et du coup, le papa a pu voir la naissance de sa fille après coup). Mon mari ne m'avait pas laissé tomber, je savais qu'il était là, juste à côté, dans le couloir. Une fois l'accouchement terminé, et la boucherie finie (que je suis heureuse qu'il n'est pas eu à voir la révision utérine!!!!), ma sœur est sortie et il est entré prendre sa place de père. Il a pu prendre sa fille à bras, l'habiller... Et il a eu cette très belle phrase en entrant: "tu as une odeur de mère".

Je ne regrette rien. Le jour où nous aurons un autre enfant, je n'ai pas envie qu'il assiste à l'expulsion. Je veux juste qu'il soit proche et qu'il s'occupe de notre fille pendant ce temps-là. Et je veux encore ma sœur pour me soutenir. Ainsi qu'une sage-femme. Ma maison. L'obscurité. Être seule quand j'en ai envie. Et certainement encore à 4 pattes, j'ai expérimenté les 3 pendant le travail (couchée sur le dos/sur le côté/accroupie) et c'est de loin la plus facile à gérer!

En fait, l'accouchement est une histoire de Femmes. Je ne veux pas d'homme, tout simplement. A la maternité, déjà, j'avais réclamé à être accouchée par une sage-femme et surtout pas par un gynéco. J'ai le sentiment aujourd'hui que je ne veux tout simplement pas de présence masculine pendant que j'accouche.

dimanche, juillet 4 2010

Vidéo réponse à "La dictature des bébés"

http://www.youtube.com/watch?v=39-iv6eK7Mo

En réponse à la vidéo d'M6 diffusée le mois dernier dans "66 minutes inside", avec la présente de Stéphanie, maman du reportage.

lundi, juin 28 2010

Sexualité

Sujet déjà abordé précédent, mais je reviens dessus parce que j'entends encore et toujours les mêmes réflexions. On dort en famille, alors les gens s'imaginent que notre sexualité est en pause depuis la naissance de notre fille. Si, je vous jure, les gens croient vraiment ça. Ils ne doivent pas assez nous connaître :)

C'est gênant car le sujet est tout de même intime, hein. Moi, je ne vous demande pas combien de fois par semaine vous faites l'amour. Mais les gens auraient besoin de statistiques sur NOTRE vie de couple pour arriver à croire que oui, on a une vie sexuelle bien que nous dormions avec notre fille. Je sens que je vais finir par faire des graphiques avec le nombre d'ébats, de câlins, la fréquence par pièce et tout et tout. Et je sens qu'après les avoir vus, il y a des pères qui vont réclamer à leur femme de pratiquer le cododo aussi, finalement.

Je ne dis pas que l'arrivée d'un enfant dans la vie d'un couple ne bouleverse pas les habitudes et l'intimité. Mais cododo ou pas, je pense que tous les couples attendent que leur bébé dorme pour batifoler, non? Perso, si ma fille pleure dans la pièce d'à côté, je n'ai pas trop la tête à cajoler mon mari. Donc, il y a deux solutions: soit on attend qu'elle dorme, soit on profite des moments où elle n'est pas avec nous (quand elle est avec sa grand-mère... ou son tonton - merci le tonton lol). Et quand elle dort dans la maison, qu'est-ce que ça peut nous faire qu'elle dorme dans une pièce ou une autre? On a un grand salon avec un super canapé tout neuf et hyper confortable, deux chambres avec plusieurs lits et matelas, une salle de bain avec baignoire, deux couloirs, un escalier... bref, 69m2 disponible (c'est pas un jeu de mot, c'est la vraie superficie de notre duplex). Et on a aussi 24h par jour, exploitable à souhait.

Quand on a fini nos jeux d'adultes, on mange, on boit, on regarde la télé, on parle, et puis à un moment on va au lit, et là c'est une nuit de tendresse familiale sans équivoque. La nuit, on dort, on s'enlace, on se fait des bisous et des câlins tous les 3, la petite tète, on s'emmêle les jambes, et il n'y a rien de malsain. On n'est pas non plus en manque, on a eu notre compte à un autre moment. Au réveil, on peut aussi laisser la petite faire la grasse matinée et commencer la journée par nos ébats hors de la chambre...

Oh et puis tant que je suis dans le sujet, j'ai envie de pousser un gros coup de gueule sur la pilule. Quand on nous avertit des effets secondaires, on ne nous parle que de prise de poids. La "baisse de libido" est bien notée sur les notices, mais chut, c'est tabou, on n'en parle pas. Et surtout, c'est insidieux, on ne s'en rend pas compte, ça se fait petit à petit. Mais quand on l'arrête, qu'est-ce que ça fait du bien d'être à nouveau inondée d'hormones!

J'ai eu mon retour de couches, après 27 mois sans règles (grossesse + 18 mois). Difficile de juger si c'est l'allaitement long qui me le bloquait tout ce temps, ou si ce n'était que la pilule, même sous-dosée. Je pencherai quand même pour l'allaitement, car il y a quand même eu un sacré laps de temps entre l'arrêt de la pilule (Microval, car j'avais pris Cérazette un mois juste après l'accouchement, mais elle me donnait des saignements quotidiens) et le retour de couches. Et même si le bébé 2 n'est pas du tout à l'ordre du jour, je ne compte pas reprendre de pilule avant bien biiiien longtemps! Après tout, il existe des méthodes de contraception sans hormones, et ce n'est pas parce qu'on est marié que c'est interdit, non?!!

Allez, j'arrête mon blabla, soyez pas jaloux, hein, mais notre vie sexuelle se porte à merveille :) merci à tous ceux qui ont l'air de tellement s'inquiéter pour nous!

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