Aujourd'hui, je souhaite raconter un épisode qui m'a énormément touché ce matin.

Je vais rendre visite à un collègue dont la femme a accouché lundi dernier.

Pendant qu'elle la lave à l'étage, je discute avec mon collègue, qui m'explique que sa femme a tenté d'allaiter, mais que sa fille n'a eu que le colostrum car sa femme n'a pas eu de montée de lait, bien que la maternité (la même que celle où j'ai accouché) ait "tout" fait pour l'aider. J'explique à mon collègue qu'il n'y a aucune raison pour que ça ne marche pas, et qu'il n'est pas trop tard si ça femme y tient.. Je lui dis que je peux lui proposer de l'aider si elle tient vraiment à allaiter mais que je ne voudrais pas la mettre plus mal à l'aise encore. Il me dit que oui, elle avait très envie d'allaiter...

Sa femme arrive avec le bébé... Je lui dis "Alors, il parait qu'ils t'ont fait foirer ton allaitement à la maternité?" Et elle: "Non, c'est pas eux, c'est moi... J'ai pas eu de montée de lait"...

Là je vois le désespoir dans ses yeux... Elle me dit qu'elle a beaucoup pleuré mais qu'elle s'est résigné :(((

Je tâte un peu le terrain, mais je vois qu'elle n'aura pas le courage de retenter de mettre sa lactation en route, donc j'ai laissé tomber pour ne pas la faire sentir coupable encore plus. Mais là, oui, j'ai senti en elle la fameuse "culpabilisation". Parce qu'elle a voulu allaiter et qu'on lui a fait comprendre qu'elle n'en était pas capable. C'est déprimant.

A savoir que sa fille téter très bien, mais... elle avait perdu du poids (bah oui, la mienne aussi). Du coup ils lui ont fait tirer son lait (bah oui, moi aussi) et elle n'arrivait pas à tirer (bah oui, moi non plus, à l'époque...) jusqu'à tirer du sang à la fin... Ils lui ont même filé un DAL (pffff si tôt, avec un bébé qui tète bien, je vois pas l'intérêt!!). Mais apparemment, la petite s'enlever du sein et ne prenait que le tube du coup, pffff c'est vraiment stupide de lui avoir proposé un DAL aussi tôt! Pourtant sa fille est née avec 3,020 kg donc bon, c'était pas un cas désespéré quoi (je sais pas combien elle a perdu par contre...).

La maman m'a dit aussi que c'est sûrement les 3 JOURS de déclenchement (pour dépassement de terme) qui ont fait qu'elle n'était pas en forme et qu'elle n'avait pas de lait. Je suis absolument persuadée que c'est la maternité qui lui a fait foirer son allaitement. Si, au lieu de tenter de fausses solutions pour l'aider, ils avaient laissé la petite téter à volonté, souvent, sa montée de lait serait venue toute seule... quitte à ce que ce soit un peu en retard. Mais je me souviens de la pression que cette maternité (Jeanne de Flandres, 59) m'a mise aussi sur le poids de ma fille (qui avait perdu 10% de son poids, qu'elle a repris 3 semaines après, et elle a toujours était en excellente forme, a une très belle courbe de croissance) et qu'on me disait aussi que j'avais pas assez de lait, que ma montée de lait tardait à venir, etc... Donc je comprends tout à fait ce qu'elle a vécue... Je suis navrée pour elle. Si je la connaissais mieux, si j'avais été la voir avant, peut-être que j'aurais essayé de l'aider, mais là je la connais à peine elle, je n'ose pas insister, j'ai tendu une perche au cas où mais... tant pis.

Le pire, c'est que... leur fille est allergique au LA. Elle a la diarrhée et a des coliques depuis qu'ils l'ont passé au LA :(((

Voilà, ça m'a déprimé, cette véritable culpabilisation que les hôpitaux mettent sur les mères qui veulent allaiter! Quand on parle de mauvaise culpabilisation des mères qui n'allaitent pas, c'est celle-là! Ca m'a tellement fait mal au cœur de voir qu'elle se croyait coupable, qu'elle pensait que c'était sa faute, qu'elle n'était pas capable de nourrir sa fille! Alors qu'en fait, c'est uniquement la faute de l'hôpital qui a voulu interférer!